Tu pleures depuis des
mois, tu sanglotes et tu geins,
Tu hurles à l'amour,
comme on hurle à la mort,
Tu rêves de passion,
de mêler ton destin,
A l'âme de tes nuits,
qui au jour s'évapore;
Mais tu ne l'as même pas regardée..
Tu lances vers le ciel tes
prières, tes espoirs,
Tu te vois dans la glace,
comme essayant un rôle,
Tu aimes ce reflet qui luit
dans ce miroir,
Tu te veux si parfait, que
tu en deviens drôle..
Tu ne l'as même pas regardée..
Tes journées dans ce
lit, à demander pourquoi,
Ce monde est si cruel lors
que d'autres sont heureux,
Les amours naissants d'un
regard, d'une voix,
Mais rien ne t'appartient,
tu prends cela pour un jeu.
Et tu ne l'as même pas regardée..
Cette femme si douce qui ne
rêvait qu'à toi,
Qui tremblait chaque jour
en entendant tes pas,
Ne voulant qu'une chose,
accomplir ton bonheur,
Patientant sous la pluie
pendant de longues heures
Cette femme fragile qui t'aurait
tout donné,
L'amour et la tendresse,
une vie toute entière,
Celle qui en secret connaissait
tes prières,
Tu ne l'as pas regardée..