Je regarde ces gens qui passent comme le temps,
A chacun son histoire, son passé, un futur,
Des mots presque oublié emportés par les ans,
Des regards innocents, et des larmes si dures.
Et dans ce sourd tumulte,
deux êtres quelquefois,
S'embrassent tendrement, les yeux clos et tremblant,
D’un désir que le monde pressé ne sait pas,
L’égoïsme protège parfois les amants.
Un enfant solitaire
joue un air de musique,
Le regard si éteint, a-t-il jamais brûlé ?
Sa maquerelle au loin surveille, l’œil tyrannique,
Son amour a pour poids celui de la monnaie.
Et moi je reste là,
le cœur brisé de haine,
Effaré par ce monde que je ne connais plus,
Où l’on n’aime une chose que si elle est faite sienne,
Les hommes de notre histoire, ont ils tous disparu ?